
Fantôme d'Orient
Nouvelle
Pierre Loti
Collection Nouvelles
Format EPUB
Taille du fichier 76 Ko
Langue Français
Date de publication 3 mars 2021
Edition d'origine Fantôme d'Orient - Paris : Calmann-Lévy, 1892. Collection "Bibliothèque contemporaine"

Dans cette nouvelle parue en 1892, Pierre Loti retourne à Constantinople afin d’y rechercher Aziyadé, une jeune Circassienne appartenant au harem d'un Turc, qu'il aima follement quinze ans auparavant. Il s'arrête chez la reine de Bucarest puis prend l'Orient-Express, puis un paquebot sur la Mer Noire. Arrivé à Constantinople, il apprend qu'Aziyadé est morte et se rend sur sa tombe avant de revenir en France.
Extrait
« Il fait lourd et il fait inquiétant dans mon logis, ce soir. Et tout y a pris l’air lugubre, avec ce seul flambeau qui laisse les fonds dans une obscurité confuse ; çà et là, des tranchants d’acier luisent, des lames courbes de yatagans, et, sur le rouge foncé des tentures murales, les broderies étranges, semblent la figuration symbolique de mystères d’Orient, qui me seraient profondément incompréhensibles. Quels êtres inconnus, de quelle génération ayant précédé la nôtre, ont fixé dans ces dessins leurs rêves, leurs immuables rêves ? Ceux pour qui on a trempé ces armes et lissé ces ors, quelles chimères avaient-ils, quelles amours, quelles espérances ? Je les sens loin de moi comme jamais, ces croyants-là, qui à présent dorment en terre sainte, au pied des mosquées blanches. Tout ce décor de vieil Orient est ce soir pour me faire mieux sentir combien sont dissemblables jusqu’à l’âme les différentes races humaines et tout ce qu’il y a d’insensé, d’impossible et de funeste à aller chercher de l’amour là-bas. Entre les deux égarés qui s’aiment, reste toujours la barrière des hérédités et des éducations foncièrement différentes, l’abîme des choses qui ne peuvent être comprises. Et il leur faut prévoir qu’ensuite, quand viendra leur fin, ils n’auront seulement pas, pour les bercer ensemble à la dernière heure, le commun souvenir, encore un peu doux, des mirages religieux de leur enfance ; ni la même terre, après, pour les réunir.
Il semble ainsi que le temps et la mort vous séparent davantage et qu’on s’en aille se dissoudre dans des néants opposés… »
Edition originale

Fantôme d'Orient
Paris : Calmann-Lévy, 1892
Collection "Bibliothèque contemporaine"
III-234 p.
Rééditions









[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
In "Œuvres complètes de Pierre Loti"
Paris : Calmann-Lévy, 1893-1911
11 volumes
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
Paris : Calmann-Lévy, 1899
234 p.
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
Paris : Calmann-Lévy, 1924
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
Paris : Calmann-Lévy, 1925
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
Paris : Calmann-Lévy, 1926
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
Paris : Calmann-Lévy, 1927
Collection nouvelle
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
Préface de Nedim Gürsel
Postface d'Alain Quella-Villéger
Pardès Puiseaux, 1989
127 p. ISBN 2-86714-080-3
[Texte imprimé]
Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient
Présenté par Claude Martin
Paris : Gallimard, 1990
Collection "Folio", n° 2058
406 p. ISBN 2-07-038147-1
[Texte imprimé]
Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient
Présenté par Bruno Vercier et Alain Quella-Villéger
Paris : Gallimard, 2001
Collection "Foliothèque", n° 100
226 p. ISBN 2-07-040633-4
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
In "Istanbul, rêves de Bosphore"
Présenté par Tipour Muhidine et Alain Quella-Villéger
Paris : Omnibus, 2001
Collection "Omnibus"
XIX-889 p. ISBN 2-258-05606-3
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient suivi de Constantinople en 1890
Paris : Le Serpent à plumes, 2005
Collection "Motifs" n° 236
204 p. ISBN 2-268-05662-7
[Texte imprimé]
Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient
Clermont-Ferrand : Editions Paleo,2008
312 p. ISBN 978-2-84909-364-1
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient et autres textes sur la Turquie
Présenté par Jean-Claude Perrier
Paris : Phébus-Libella, 2010
Collection "Libretto", 327
204 p. ISBN 978-2-7529-0469-0
[Texte imprimé]
Fantôme d'Orient
In "Voyages en Turquie"
Présenté par Jean-Claude Perrier
Paris : Arthaud, 2016
728 p. ISBN 978-2-08-136807-1
Auteur
Né au sein d’une famille protestante essentiellement dominée par les femmes, sa mère et ses tantes, il est le troisième et dernier enfant de Théodore Viaud, receveur municipal, et de Nadine Texier. Sa jeunesse, évoquée dans Prime jeunesse, Le Roman d’un enfant puis dans son Journal intime, est jalonnée de tragédies : la mort de son frère aîné Gustave en 1865 d’une fièvre jaune contractée en Asie; ainsi que celle de sa meilleure amie, Lucette Duplais, la même année. En 1866, son père est accusé de malversations et est déchu de son statut professionnel et social. Il meurt en 1867, année au cours de laquelle Pierre Loti est admis à l’Ecole navale de Brest et décide d’embrasser une carrière militaire dans la marine, dans les traces de son frère aîné vénéré. Il poursuit ses études à l’Ecole navale de Paris et prend la mer en 1870 en tant qu’aspirant de première classe en plein conflit franco-allemand. En 1872, une escale l’amène à Tahiti où il écrit le Mariage de Loti, et reçoit de la Reine Pomaré le surnom de Loti (nom d'une fleur tropicale); surnom qu’il choisit comme nom de plume à partir de 1876 afin de satisfaire aux exigences de réserve attendue du militaire qu’il est. En 1877, il découvre la Turquie qui l’éblouit et vit une passion avec une jeune Circassienne appartenant au harem d'un dignitaire turc; passion qu’il dépeint dans le roman Aziyadé qu’il publie en 1879 ; et réévoque plus tard dans Fantôme d’Orient paru en 1892, dernier hommage rendu à cette jeune femme morte de chagrin après qu’il eut dû la quitter. Il obtient en 1881 une promotion au grade de lieutenant de vaisseau et publie Le Roman d’un Spahi en 1883 avant d’embarquer sur l'Atalante pour participer à la campagne du Tonkin dont il rend compte, heure par heure, pour le journal du Figaro. Ces récits, plus tard réédités en volume au sein du recueil Figures et choses qui passaient sous le titre Trois journées de guerre en Annam, font scandale à Paris au point que le Gouvernement Jules Ferry décide de sanctionner son irrévérence à l’égard de l’armée française par une mise à pied. En 1886, il publie Pêcheur d'Islande qui obtient un très grand succès public. Le 21 octobre de la même année, il épouse Blanche Franc de Ferrière qui donne naissance à son premier fils, Samuel, en 1889. Sa carrière littéraire est consacrée par son élection à l’Académie française au fauteuil d’Octave Feuillet, le 21 mai 1891, au sixième tour de scrutin par 18 voix sur 35 votants contre Émile Zola. En 1893, il rencontre Crucita Gainza, d'origine basque, dont il a un second fils, Raymond, en 1895. Après la mort de sa mère en 1896, il achète en 1898 la maison de ses tantes, dans l'île d'Oléron, où il retrouve ses souvenirs de vacances de jeunesse. De 1900 à 1902, il est mis à la retraite puis réincorporé dans la Marine qui l’envoie de nouveau en Extrême Orient. De ce nouveau voyage, il tire Les Derniers Jours de Pékin paru en 1902 et L’Inde (sans les Anglais) publié en 1903. Il séjourne vingt mois à Constantinople en 1903, où il entame la rédaction de Vers Ispahan publié en 1904. Il effectue de nombreux séjours en Turquie pour laquelle il s’engage en s’opposant, dans La Turquie agonisante notamment, à la politique de démantèlement menée par les pays européens occidentaux à l’égard de l’Empire Ottoman. Après le succès public et commercial de La Troisième Jeunesse de Madame Prune, des Désenchantées ou d’Un pèlerin d’Angkor, il meurt en 1923 à Hendaye est enterré dans l’île d’Oléron dans le cadre de funérailles nationales. Il laisse une œuvre dense et riche inspirée d’une vie faite de voyages, alimentée par la découverte et la fascination pour les civilisations orientales ; marquée par la passion, la sensualité et, vraisemblablement, la difficulté d’assumer une homosexualité à peine suggérée dans son journal intime que publie son fils Samuel Viaud, après sa mort.
Liens externes




















